Les moustiques mâles sont inoffensifs : seules les femelles piquent. Car après accouplement, la femelle a absolument besoin d'un repas sanguin pour porter ses oeufs à maturité.
Son repas achevé, elle s'en va pondre ses oeufs à la surface de l'eau ou sur une terre humide soumise à submersion.
Dans l'eau, ses oeufs vont donner naissance à des larves qui ont un mode de vie exclusivement aquatique. L'eau est indispensable à l'éclosion de la larve et à son développement...
...Dans certains cas particuliers, les oeufs, à la manière des graines végétales, n'éclosent qu'après avoir passé l'hiver. La vie du moustique au stade larvaire est inférieure à 10 jours chez certaines espèces. Les larves se nourrissent de bactéries et de plancton.
Au terme de cette période, la larve devient nymphe. A ce stade, elle vit encore 2 à 3 jours dans l'eau, le temps que s'accomplissent en elle de profondes modifications anatomiques.
La nymphe commence sa mutation en s'immobilisant à la surface de l'eau. Une déchirure ouvre sa face dorsale.et l'adulte se dégage lentement Libre il pourra enfin voler de ses propres ailes.
l'oeuf
Les œufs, généralement fusiformes, mesurent environ 1 mm de long. Blanchâtres au moment de la ponte, ils s'assombrissent dans les heures qui suivent. Les femelles pondent, soit à la surface de l'eau des œufs isolés , ou groupés en nacelles de 50 à 200 œufs , soit sur un substrat humide susceptible d'être inondé par la suite . Les œufs pondus à la surface de l'eau sont insubmersibles grâce à des flotteurs, ou à leur arrangement en nacelle. Ils éclosent dès que l'embryon est complètement développé. Les œufs , pondus isolément sur un substrat humide, doivent attendre d'être submergés pour éclore ; encore faut-il qu'un certain nombre de conditions (facteurs d'éclosion) soient réunies ; ces œufs sont dits quiescents. Au moment de l'éclosion, le bouton d'éclosion, véritable ouvre-boîtes situé sur la tête de l'embryon, découpe la coquille.
la larve
Toujours aquatique, l'évolution de la larve s'accomplit en quatre stades, séparés par une mue, lui permettant de passer d'environ 2 à 12 mm. A l'exception des Coquillettidia qui ont une biologie particulière, toutes les larves sont mobiles et respirent à la surface de l'eau, soit directement , soit par l'intermédiaire d'un siphon respiratoire situé à l'extrémité de l'abdomen. Elles se déplacent par saccades et se nourrissent, généralement par filtration, soit à la surface, soit au fond du gîte larvaire. Elles se déplacent très peu et après chaque mue la larve se fixe à proximité de l'exuvie abandonnée. La durée du stade larvaire est très variable, de quelques jours, en été, à plusieurs mois (parfois une année pour les espèces n'ayant qu'une génération par an et hibernant au stade larvaire. . On trouve des larves dans toutes les collections d'eau, du marais aux fossés pollués, des fosses septiques aux creux d'arbres, sauf dans les eaux courantes. Ces gîtes peuvent s'étager du bord de la mer, à des altitudes élevées , dans des zones dépourvues de végétation ou des zones très ombragées , dans des eaux douces, polluées ou très saumâtres . Dans certaines conditions, la densité larvaire est telle que les larves peuvent occuper la totalité de la surface du plan d'eau (Culex pipiens, ...).
la nymphe
Les transformations qui permettent au moustique de passer du milieu aquatique au milieu terrestre débutent à la fin du développement larvaire par la lyse des muscles et se poursuivent chez la nymphe par l'élaboration d'un système totalement nouveau. Ce stade est de courte durée : 24 à 48 heures. La nymphe ne se nourrit pas, elle puise dans les réserves stockées au stade larvaire. Elle respire par l'intermédiaire de deux trompettes situées sur le céphalo-thorax et non au bout de l'abdomen comme chez la larve. Chez Coquillettidia, les nymphes sont aussi fixées aux racines par des trompettes respiratoires modifiées. Les nymphes restent généralement à la surface de l'eau mais plongent dès qu'elles sont dérangées, en déployant et reployant brusquement l'abdomen terminé par deux palettes natatoires. Au moment de l'émergence de l'adulte, la cuticule se fend longitudinalement. L'adulte se gonfle d'air et s'extrait de l'exuvie à la surface de l'eau.
l'alimentation
Pendant les premiers jours de leur existence, les adultes mâles et femelles sont au repos dans des lieux abrités. Leur premier repas, pris le plus souvent au crépuscule, est composé de nectar.
la reproduction
La fécondation des oeufs a lieu au moment de la ponte mais l'accouplement a eu lieu avant. Il n'y a généralement qu'un seul accouplement au début de la vie de l'adulte, le sperme étant stocké dans les spermathèques de la femelle où il est conservé tout au long de la vie de celle ci. Le moustique mâle est attiré par les vibrations des ailes de la femelle en vol. L'accouplement peut avoir lieu entièrement en vol ou se terminer sur un support. C'est pourquoi l'élevage en captivité est difficile à réaliser pour certaines espèces, l'espace étant un des facteurs déterminant. Cet inconvénient a été surmonté en ayant recours à l'accouplement forcé. Les moustiques peuvent, comme beaucoup d'autres insectes, former des essaims ; ils sont, le plus souvent, composés uniquement de mâles.
le repas sanguin
Les moustiques sont surtout connus pour les repas de sang pris par les femelles qui ont besoin, chez la plupart des espèces, d'un apport supplémentaire en protéines pour la maturation des oeufs. Elles piquent de préférence les vertébrés mais ont, presque toujours, une attirance pour un ordre donné. Certaines piquent de préférence les oiseaux ou les batraciens . D'autres peuvent produire une première ponte sans prendre de repas sanguin; elles sont dites autogènes et utilisent les réserves énergétiques accumulées par la larve. Nous savons tous par expérience que les moustiques piquent préférentiellement à certaines heures de la journée, le plus souvent à l'aube et au crépuscule.
la ponte
Une fois gorgée de sang, la femelle se réfugie dans un abri jusqu'à développement complet des oeufs, puis elle recherche un endroit pour pondre. Le nombre d'oeufs produits varie en fonction des espèces et de la quantité de sang absorbée, les pontes autogènes étant toujours composées d'un moins grand nombre d'oeufs. Un seul repas sanguin suffit pour produire une ponte ; si la quantité de sang est suffisante, la femelle ne piquera à nouveau qu'après avoir pondu. Chez certaines espèces, la maturation des œufs laisse des traces dans les ovaires , ce qui permet de déterminer " l'âge physiologique " des femelles, notion particulièrement importante dans le cas de transmission de maladies.
l'hibernation
Partout où il y a un hiver tant soit peu rigoureux, l'hibernation apparaît. Elle peut avoir lieu à un stade fixe ou à plusieurs stades. Au stade adulte, les femelles se réfugient dans des lieux abrités (caves, bergeries,...) ; même s'il leur arrive de prendre un repas de sang, sur les moutons d'une bergerie par exemple, il n'y a pas production d'œufs tant que la belle saison n'est pas revenue. En fait, il ne suffit pas d'une élévation de température pour que l'activité reprenne ; la durée du jour joue également un rôle important.
durée de vie des adultes
On pense généralement que les moustiques adultes ne vivent que quelques jours, au maximum une ou deux semaines. Certaines espèces ont effectivement une durée de vie qui n'excède pas deux à trois semaines : c'est le cas de Culex pipiens, par exemple, en période estivale. Par contre, d'autres espèces vivent plusieurs mois, en particulier celles qui hibernent au stade adulte. Il faut noter aussi que les moustiques sont la proie de nombreux prédateurs et la cible de l'Homme, autant de facteurs qui contribuent à diminuer leur " espérance de vie ". Un chercheur a montré qu'Anopheles atroparvus vit en moyenne six mois en hiver alors qu'il survit rarement plus de six semaines en été.
Source et information EID
 | 1) A l'occasion d'un repas de sang sur un malade en phase de virémie (virus présent dans le sang périphérique), la femelle moustique prélève une certaine quantité de particules virales.
2) Ces virus remontent avec le sang ingéré dans l'œsophage et aboutissent…
3) dans l'estomac où ils résistent aux sucs digestifs du moustique.
4) Du fait du haut degré d'adaptation entre le virus et son vecteur, les particules virales vont pouvoir franchir la barrière de la paroi de l'estomac et, après une phase de latence, vont se répliquer avec une grande intensité dans les cellules du moustique.
5) Au cours de l'envahissement de la totalité de l'organisme du moustique, les virus vont se retrouver au niveau des glandes salivaires à l'intérieur desquelles ils vont se concentrer.
6) Lors d'un nouveau repas de sang sur une personne saine, la femelle Ae. Aegypti injecte de la salive qui joue à la fois le rôle d'anesthésiant, de lubrifiant pour les pièces buccales mobiles, d'anticoagulant et d'aide à la digestion grâce aux enzymes qu'elle contient.
7) Ce faisant, elle inocule un peu de virus qui, pour peu que la personne en question soit réceptive, va déclencher la maladie.
Entre la phase 1 et la phase 6 s'est écoulé un laps de temps de l'ordre de 10 à 14 jours appelé temps d'incubation extrinsèque. Ce temps est dépendant de la température.
Par la suite, la femelle devenue infectante le restera pendant tout le reste de sa vie.
Ce schéma est valable pour la quasi-totalité des arbovirus transmis par les moustiques.
source institut pasteur |
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